
Mardi 17 février 2026 – 13 h à 16 h 30
La mécanisation de la récolte forestière, en raison de l’usage de machinerie lourde, est la principale source de perturbations du milieu physique. Lors de ce rendez-vous, nous examinerons l’influence de la densité, de la distribution et de l’orientation des sentiers sur ces perturbations. Nous discuterons aussi des facteurs influençant la proportion de blessures aux tiges lors des coupes partielles mécanisées et les meilleures modalités pour en limiter les conséquences. Le phénomène du « choc de croissance » sera également abordé pour permettre de mieux comprendre l’effet des traitements sylvicoles sur la croissance.
La seconde partie portera sur les plantations. Qu’est-ce qui influence la séquestration du carbone dans des plantations d’épinette blanche soumises à différentes modalités d’éclaircies commerciales? Comment évaluer la vulnérabilité de ces plantations aux changements climatiques? Comment un nouveau simulateur spatial permet-il de générer des peuplements avec une structure spatiale réaliste et d’y appliquer virtuellement différents traitements sylvicoles? Quel scénario sylvicole de plantation favorise la croissance et la qualité du bois d'épinette noire?
Joignez-vous à nous pour approfondir vos connaissances en sylviculture.
Les présentations des conférences se trouvent dans l’ordre du jour ci-dessous.
13 h Ouverture
Conférencières : Marie-Eve Roy, responsable du transfert des connaissances scientifiques forestières, Direction de la recherche forestière (DRF) et Mélanie Turgeon, directrice générale de la connaissance forestière, ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF)
13 h 10 Effets des modalités de sentiers d’exploitation et de l’intensité de récolte sur la qualité de l’environnement physique (sol, arbres résiduels, régénération)
Conférencier : Eric R. Labelle, professeur titulaire en opérations forestières numériques, Université Laval
Collaboratrice et collaborateurs : Rosalie Frisko (MRNF), Filip Havreljuk (MRNF) et Mathieu Castonguay (MRNF)
La récolte forestière mécanisée est devenue dominante dans les forêts aménagées en raison de son efficacité, de l’amélioration de la sécurité et de l’augmentation de la productivité. Toutefois, l’utilisation de machinerie lourde constitue la principale source de perturbations du milieu physique. Le compactage du sol, l’orniérage et la dégradation de la litière forestière peuvent persister longtemps et limiter la productivité des sites, le développement racinaire ainsi que la circulation de l’eau et de l’air. Ces conséquences dépendent fortement des caractéristiques des machines et des choix opérationnels, notamment le poids, la fréquence des passages et le moment des interventions. Malgré leur importance, les effets de la densité, de la distribution spatiale et de l’orientation des sentiers demeurent peu répertoriés. Cette étude, menée dans la forêt de Hereford, a évalué l’effet combiné de trois types de sentiers — conventionnels (CT), fantômes (GT) et à entrées diagonales (DE) — et de deux intensités de récolte (27 % et 40 %) pour six traitements. Les propriétés physiques du sol ont été analysées par des mesures de compaction et de résistance à la pénétration, tandis que la fréquence et la gravité des dommages aux arbres résiduels ont été évaluées le long de transects perpendiculaires aux sentiers. Les résultats indiquent que les sentiers à entrées diagonales engendrent les répercussions les plus fortes, tandis que les sentiers fantômes entraînent les perturbations les plus faibles.
13 h 40 Que pouvons-nous apprendre des blessés? Une étude en forêt mixte et feuillue sur les sources de blessures aux arbres résiduels et les recommandations pour en éviter
Conférencier : Daniel Gouge, ingénieur forestier au Centre d'enseignement et de recherche en foresterie (CERFO) affilié au Cégep de Sainte-Foy
Collaborateurs : Donald Blouin (CERFO), Gilles Joanisse (CERFO) et Luca Serban (MRNF)
Partenaires industriels : Groupement forestier de Témiscouata, Gaston Cellard, Chantiers Chibougamau, Groupe Lebel, Groupement forestier Métis-Neigette, Coopérative de gestion forestière des Appalaches, Forespect, Lauzon, Domtar et Forex Langlois
En forêt feuillue et mixte québécoise, les coupes partielles sont essentielles à la régénération des essences tolérantes à l'ombre, mais la récolte mécanisée cause fréquemment des blessures aux tiges résiduelles, ce qui compromet leur vigueur, leur qualité et leur croissance à moyen et long terme. Ce projet vise à identifier, à l’échelle provinciale, les principaux facteurs influençant la proportion de tiges blessées et à proposer des modalités opérationnelles pour en réduire les répercussions. Les analyses statistiques, appuyées par des échanges avec les partenaires industriels, montrent que les blessures résultent de facteurs interdépendants, dont les suivants : l’intensité de récolte, le procédé utilisé, la proximité des sentiers de débardage, la saison, les contraintes du terrain, l’expérience des opérateurs, la rectitude et la proportion des sentiers ainsi que le martelage. Des recommandations ciblées sont proposées pour permettre d’adapter les pratiques aux réalités opérationnelles et de préserver la qualité des peuplements résiduels.
14 h 10 Choc de croissance et analyse de la croissance des arbres après des coupes partielles dans les forêts boréales
Conférencier : Martín Alcalá Pajares, chercheur postdoctoral, Groupe de recherche en écologie de la MRC Abitibi (GREMA), Institut de recherche sur les forêts (IRF), Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT)
Les coupes partielles sont considérées comme une méthode plus durable pour gérer les forêts boréales, car elles préservent mieux la faune, la structure de la forêt et la régénération naturelle que les coupes totales. En retirant certains arbres, la compétition diminue, ce qui favorise la croissance des arbres restants. Cependant, après la coupe, les arbres ne poussent pas toujours plus vite immédiatement. Leur croissance peut même ralentir pendant plusieurs années, un phénomène appelé « choc de croissance ». Cette étude a analysé ce phénomène dans des forêts de pin gris de l’ouest du Québec. Trois types de traitements ont été comparés : peuplements non coupés, éclaircies modérées (environ un tiers des arbres retirés) et coupes progressives plus intensives (près de la moitié des arbres retirés). L’équipe de recherche a mesuré la croissance annuelle, la durée, l’intensité et la présence du choc de croissance (c’est-à-dire le nombre d’arbres affectés) ainsi que des marqueurs chimiques dans le bois afin de mieux comprendre ces variations et de déterminer si ses origines pourraient être liées à une éventuelle fermeture stomatique.
14 h 55 Séquestration de carbone et vulnérabilité aux changements climatiques des plantations d’épinette blanche
Conférencier : Robert Schneider, professeur, Université du Québec à Rimouski (UQAR)
Collaborateurs et collaboratrice : Dipak Mahatara (University of Toronto), Rana Bahadur B.K., (UQAR), Qiuyu Liu (Xi'an Jiaotong University, Chine), Changhui Peng (UQAM), Hugues Power (MRNF), Luca Serban (MRNF), Stéphane Tremblay (MRNF), Julie Barrette (MRNF), Boris Dufour (CEDFOB), Pierre Francus (INRS-ÉTÉ), Luc Sirois (UQAR) et Alexis Achim (UL)
Les résultats de deux projets de recherche complémentaires sont présentés. Le premier vise à évaluer la capacité de séquestration du carbone dans des plantations ayant reçu différents types d’éclaircie commerciale. L’accumulation de biomasse, et donc la séquestration de carbone, dépend, d’une part, à la fois de la relation entre la croissance et la densité du bois et, d’autre part, de la dynamique forestière. Nos analyses montrent que la séquestration suit de très près l’accroissement en volume, sans différence significative entre les types d’éclaircies. Cependant, la relation linéaire positive observée entre l’accroissement en volume ou la séquestration et la densité du peuplement indique que les peuplements plus denses présentent un potentiel de séquestration plus élevé.
Le deuxième projet vise à évaluer la vulnérabilité des plantations d’épinettes blanches aux changements climatiques et à intégrer ces résultats au simulateur CEP. Pour ce faire, le modèle TRIPLEX-mortalité, fondé sur des relations empiriques et des processus physiologiques, a été étalonné afin d’estimer les variations de mortalité et de croissance selon différents scénarios climatiques. En parallèle, le module d’initialisation du simulateur CEP a été créé pour simuler des plantations dès la mise en terre des plants. La prochaine étape consistera à arrimer les résultats de TRIPLEX au simulateur CEP pour produire des prévisions tenant compte des effets des traitements sylvicoles selon scénarios climatiques futurs.
15 h 30 Un simulateur spatial pour mieux comprendre les effets des traitements sylvicoles
Conférencier : Emmanuel Duchateau, chercheur, Direction de la recherche forestière (DRF), ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF)
Collaborateurs et collaboratrice : Robert Schneider (UQAR), Stéphane Tremblay (MRNF), Laurie Dupont-Leduc (UQAR) et Hans Pretzsch (Technical University of Munich)
Les modèles de croissance forestière prévoient les effets à long terme des traitements sylvicoles, sans toutefois tenir compte de la structure spatiale des peuplements. Or, la manière dont les arbres sont répartis dans l’espace influence le degré de compétition entre eux, la dynamique de la régénération et, par conséquent, l’évolution de la structure du peuplement. Cette répartition est souvent modifiée par les interventions sylvicoles, en particulier si elles impliquent une sélection ciblée des arbres à récolter. Un nouveau simulateur spatial a été conçu pour intégrer cette dimension. À partir d’un simple inventaire, il permet de générer des peuplements avec une structure spatiale réaliste et d’y appliquer virtuellement différents traitements sylvicoles ayant pour effet de modifier la structure spatiale.
15 h 55 Densité, éclaircie et élagage : quel est le cocktail sylvicole idéal pour la croissance et la qualité du bois d'épinette noire?
Conférencier : Luca Gabriel Serban, chercheur, Direction de la recherche forestière (DRF), ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF)
Collaboratrices et collaborateur : Julie Barrette (MRNF), Charles Ward (MRNF), Lise Charrette (MRNF) et Geneviève Picher (MRNF)
Un dispositif expérimental a été établi en 1986 près de Dégelis, dans le Bas-Saint-Laurent, pour mesurer l’effet de la densité initiale de reboisement et de l’éclaircie commerciale combinée à l’élagage sur la qualité du bois et la croissance d’épinettes noires. Au total, 8 densités initiales de reboisement variant de 1 111 tiges/ha à 4 444 tiges/ha ont été mises en place. Des travaux d’éclaircie commerciale par le bas ont ensuite été pratiqués lorsque la surface terrière atteignait 28 m2/ha dans chacun de ces traitements, sauf dans les parcelles témoins (non éclaircies). D’après les résultats obtenus, les travaux d’éclaircie commerciale combinés à l’élagage n’auraient pas d’effet sur la qualité du bois d’épinette noire; celle-ci serait plutôt étroitement liée à la densité initiale de reboisement. Les variables de croissance, quant à elles, seraient influencées à la fois par la densité initiale de reboisement et les travaux d’éclaircie commerciale. De plus, l’éclaircie commerciale permettrait de réduire substantiellement le taux de mortalité, pour atteindre un niveau 4,5 fois moindre qu’en plantation non éclaircie.
16 h 15 Mot de la fin
* Les heures sont données à titre indicatif seulement. Des périodes de questions et une pause sont également prévues et peuvent varier selon le déroulement de la rencontre.
* Le contenu des présentations des conférenciers et des conférencières n’engage qu’eux et qu’elles. Vous aurez ici accès à leurs présentations et aux enregistrements des conférences à la suite de l’activité.