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Ministère des Ressources naturelles et des Forêts

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Mardi 14 avril 2026 – 13 h à 16 h 30

Sécheresse, dépérissement et résilience des forêts

Dans les prochaines décennies, certaines régions du Québec connaîtront des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus intenses. Ces conditions pourraient entraîner le dépérissement de certaines essences, changer la composition future des peuplements et possiblement affecter la résilience des forêts. Quels sont les mécanismes physiologiques et écologiques qui régissent l’utilisation de l’eau par les arbres? Comment les conditions de sécheresse influencent-elles la croissance, la mortalité et la régénération des arbres?

Quels sont les outils sylvicoles et les leviers qu’offre l'aménagement forestier pour renforcer l’adaptation des forêts dans un climat en évolution?

Voilà quelques-unes des questions qui seront au cœur de ce rendez-vous.

Les présentations des conférences se trouvent dans l’ordre du jour ci-dessous.

13 h Mot d’ouverture

Conférencier et conférencière : Samuel Lauzon, biologiste, et Catherine Périé, chercheuse, Direction de la recherche forestière (DRF), ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF)

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Présentation

13 h 10 Comprendre les déterminants de l’utilisation de l’eau par les arbres de la forêt tempérée

Conférencière : Audrey Maheu, professeure, Université du Québec en Outaouais (UQO)

Collaborateur : Louis Duchesne (MRNF)

Une bonne compréhension des relations plante-eau est nécessaire pour bien évaluer les trajectoires des forêts face aux périodes de sécheresse. Ce projet avait pour objectif de permettre de mieux comprendre les déterminants de l’utilisation de l’eau par les arbres, en se concentrant sur l’érable à sucre. Nous avons comparé différentes méthodes pour caractériser l’utilisation de l’eau : la transpiration via le flux de sève, le stockage d’eau dans le tronc et le déficit hydrique estimé par les variations radiales mesurées avec des dendromètres. Nous avons évalué l’effet de la taille de l’arbre sur ces différentes variables. Les arbres de grande taille réagissaient plus fortement à l’air sec et devaient par conséquent mobiliser davantage leurs réserves en eau pour maintenir leur transpiration. Toutefois, ces grands arbres étaient en mesure de reconstituer rapidement leurs réserves en eau. Nous avons aussi évalué la capacité des érables à produire de la biomasse par unité d’eau utilisée, ce qui nous a permis de constater que l’efficacité d’utilisation de l’eau augmente lors des années sèches. Ce projet a contribué à améliorer la compréhension de l’utilisation de l’eau par les arbres; il a révélé des réponses variables selon la taille et la disponibilité en eau, utiles pour prévoir la réaction des forêts aux périodes de sécheresse.

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Présentation

13 h 35 Évaluer la sensibilité à l’embolie des conifères par la mesure de la perte du contenu relatif en eau des tiges dans un contexte de changements climatiques

Conférencières : Audrey Bédard, étudiante à la maîtrise en biologie, et Catherine Périé, chercheuse, Direction de la recherche forestière (DRF), ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF), en remplacement de Morgane Urli, professeure, Université du Québec à Montréal (UQAM), Centre d’étude de la forêt

Collaboratrice : Catherine Périé (MRNF)

L’intensification des périodes de sécheresse associées aux changements climatiques constitue un facteur majeur de dépérissement forestier. Lorsque l’eau vient à manquer, les arbres ferment leurs stomates pour éviter les pertes en eau. Si la sécheresse s’intensifie, des bulles d’air (embolie) se forment dans les conduits et bloquent la circulation de la sève, pouvant conduire à la mort de l’arbre. Évaluer la sensibilité des arbres à l’embolie est crucial pour évaluer les risques de dépérissement, mais les méthodes actuelles pour évaluer cette sensibilité sont complexes et coûteuses. Nous avons testé une approche plus simple : vérifier si la perte du contenu relatif en eau des tiges, facile à mesurer, permet d'estimer la sensibilité à l'embolie. Au total, 162 jeunes plants de quatre espèces de conifères (épinette blanche, épinette noire, pin blanc et pin gris) du Québec ont été soumis à différents niveaux de sécheresse en laboratoire. Les pins se sont révélés plus sensibles à l’embolie que les épinettes, mais, chez toutes les espèces, une relation similaire entre la perte du contenu relatif en eau et l'embolie de leur tige a été observée. Ces résultats révèlent que la perte du contenu relatif en eau des tiges pourrait servir d'indicateur rapide et fiable pour évaluer la sensibilité à l'embolie de différentes espèces ou populations de conifères et pourrait remplacer leurs valeurs de sensibilité à l’embolie actuellement utilisées dans la détermination du risque de mortalité de peuplements à la suite d’une sécheresse.

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Présentation

14 h Dysfonctionnement hydraulique et survie de plants résineux suivant la plantation sous conditions climatiques futures

Conférencier : Gilbert Ethier, professionnel de recherche, Université Laval

Collaboratrice : Morgane Urli (UQAM)

Au sud du Québec, un réchauffement d'environ 4 °C en saison de croissance sans changement notable des précipitations est attendu d’ici la fin du siècle si les émissions globales de GES continuent leur progression. Ce réchauffement accentuerait l'assèchement des sols, face auquel les plants forestiers de reboisement seraient particulièrement vulnérables suivant la plantation. L'objectif du projet Eau-Arbre est d'évaluer la tolérance des principales essences résineuses de reboisement à l'augmentation du niveau de sécheresse attendu pour le sud du Québec en raison des changements climatiques. Pour ce faire, nous avons simulé en serre la plantation de quatre espèces (épinettes noire et blanche, pins blanc et gris) en sol sablonneux selon deux scénarios climatiques : a) un scénario « historique » basé sur la saison de croissance 2012, où une importante sécheresse a été observée en Outaouais, et b) une saison correspondante « future » représentative d'un scénario d'émissions élevées pour l'horizon 2071–2100 (+4 °C, +350 ppm de CO2 atmosphérique). En soumettant les espèces sous le climat historique de 2012, nous avons observé une mortalité importante seulement chez l'épinette noire, alors que, sous le climat futur, seul le pin blanc a été en mesure de tolérer la sécheresse. Nos résultats ont révélé la propagation d'embolies d'air dans les conduites des tiges des plants mourants. Le pin blanc doit sa tolérance supérieure à un enracinement profond couplé à une fermeture plus précoce des stomates.

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14 h 45 Effet de la lumière, du broutement et de la végétation compétitrice sur la régénération forestière en érablière rouge mixte après traitement de sylviculture d’adaptation

Conférencier : Frédérik Doyon, professeur, Université du Québec en Outaouais (UQO)

Collaboratrices et collaborateurs : Stéphanie Frégeau (UQO), Rébecca Dubé-Messier (UQO), Marie Noel Kamden (UQO), Samuel Royer-Tardif, Gilles Joannisse (CERFO), Maxime Brousseau (CERFO) et Jonathan Sabourin (CERFO), François Hébert (MRNF), Patricia Raymond (MRNF), Émilie Champagne (MRNF) et Philippe Nolet (UQO)

Pour renforcer la capacité d’adaptation des peuplements, deux stratégies sylvicoles, soit celle des « Espèces championnes » (EC) et celle de la « Police d’assurance de la diversité » (PAD), ont été testées en érablières rouges mixtes dans le dispositif SylvAdapt. Dans chaque site, 3 coupes partielles avec des surfaces terrières résiduelles de 20, de 12 et de 6 m2/ha ont été réalisées. Nos résultats montrent que 1) l’abondance des semis et des gaules est maximale dans le 6 et le 12 m2/ha, mais qu’il n’y a pas de distinction selon la stratégie – la stratégie PAD permet une régénération plus diversifiée –;  2) la compétition de la végétation concurrente du sous-bois est maximale dans le 6 m2/ha – les cortèges d’herbacées gagnent en diversité après traitement grâce à une plus grande équitabilité –; 3) le risque de broutement des semis d’érable rouge augmente avec leur hauteur, et des analyses phytochimiques montrent que la concentration en protéines est plus élevée chez les semis broutés et qu’elle augmente avec l’ouverture du couvert. De façon générale, nous observons un seuil de réponse entre 12 et 20 m2/ha. Ces résultats indiquent qu’une coupe partielle avec un niveau de récolte intermédiaire de 12 m2/ha résiduel favorise un meilleur recrutement, une meilleure diversité et une plus grande hétérogénéité d’habitat, tout en permettant le contrôle de la végétation concurrente.

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15 h 10 Dépérissement de l’épinette blanche : portrait statistique et causes dans la sapinière à bouleau blanc de l’Est

Conférencière : Evelyne Thiffault, Centre de recherche sur les matériaux renouvelables, Université Laval (ULaval)

Collaboratrice et collaborateurs : Maimoona Birjees (ULaval), Nelson Thiffault (SCF-RNCan), Rock Ouimet (MRNF) et David Paré (SCF-RNCan)

L’épinette blanche est l’une des trois essences résineuses les plus utilisées dans le reboisement au Québec en raison de sa productivité, de sa résistance aux ravageurs, de sa longévité et de la haute qualité de son bois. Or, les premières observations de dépérissement de l’épinette blanche, qui se manifeste notamment par une chlorose du feuillage, ont été rapportées à la fin des années 1990 dans les peuplements reboisés par cette essence. Si on soupçonne que les changements climatiques peuvent être en cause, il est possible que ceux-ci interagissent avec d’autres phénomènes, comme les dépôts atmosphériques acides, mais aussi avec des facteurs locaux, comme la qualité des peuplements reboisés et les techniques de mise en terre des plants et d’entretien des peuplements reboisés. Nos premiers travaux montrent une augmentation significative de la gravité de la chlorose chez l'épinette blanche en plantation dans la réserve faunique des Laurentides entre la onzième et la quatorzième saison de croissance, possiblement en raison d'une déficience nutritionnelle en cations basiques. Compte tenu de l’importance stratégique, économique et écologique de l’épinette blanche, nos travaux contribueront à une compréhension plus fine des liens entre les conditions édaphiques, sylvicoles, climatiques et nutritionnelles, et le dépérissement de cette espèce.

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Présentation

15 h 35 Mot de la fin

* Le contenu des présentations des conférenciers et des conférencières n’engage qu’eux et qu’elles.